Le Petit Prince

26 août 2015

Laissez-moi raconter ce que mon mari et moi nous avons fait dimanche dernier.

J’avais depuis près d’un an deux places de cinéma Pathé à utiliser avant le 31 août 2015 et je me suis « réveillée » samedi dernier dans l’après-midi. Après inspection des bandes-annonces des films à l’affiche, j’ai choisi d’aller voir, avec mon mari, Le Petit Prince, pour la séance du lendemain à 10h30.

Ce que nous avons fait.

L’histoire se situe dans une grande ville carrée, formatée, avec des rues bien symétriques et droite, où une maman et sa fille s’installent dans un quartier afin que la prestigieuse école Werth accepte l’inscription de la petite fille.  L’élément déclencheur de l’histoire est l’échec de la petite fille lorsqu’elle passe devant le jury de l’école, entraînant l’emménagement dans les environs de l’école, dans un lotissement bétonné, triste, complètement formaté aussi. Ou presque. La maison dans laquelle elles emménagent n’était pas très cher à cause du voisin.

La petite fille, qui va devoir se préparer pour la rentréescolaire en travaillant tout l’été suivant un emploi du temps strict, fait la connaissance du voisin, ou plutôt de l’hélice de l’avion du voisin…  Pour s’excuser d’avoir détérioré leur maison, ce dernier, qui est un vieux monsieur travaillant sur un avion délabré dans son jardin, va envoyer le début d’une histoire à la petite fille… une histoire que moi aussi quand j’étais petite fille j’ai lu. Et ce sera le début d’une formidable amitié entre un vieil homme et une petite fille. Tiraillée entre l’envie de rester enfant et l’envie de rentrer dans l’école prestigieuse, la petite fait vite son choix et cache à sa maman son amitié avec le voisin. Tout les jours pendant l’été, elle traverse la haie végétale pour retrouver l’univers coloré et enjoué du voisin.

C’est ce qui constitue le côté dérangeant de cette histoire, somme toute, assez sympathique. Le message qui circule est un tantinet dangereux, car nous vivons dans une société où les psychopathes et les enlèvements d’enfants pour leur exploitation n’est pas un mythe, surtout avec les réseaux sociaux.

Sinon, le message sous-jacent est bien-sûr celui d’une enfant qui ne veut pas grandir, ou du moins pas finir comme tout ces adultes zombies qui ne pensent qu’à travailler et en oublie l’essentiel : le plaisir, la musique, le jeu et le rêve.

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Côté visuel, l’histoire qui s’inspire de l’oeuvre d’Antoine de Saint-Exupéry, célèbre aviateur et journaliste qui s’est abîmé en mer en 1944, est magnifiquement mise en place avec une séparation graphique entre les deux histoires jusqu’à ce que les deux se retrouvent.

Un joli film à voir en famille, mais à expliquer aux enfants.

Et surtout, un joli livre à lire et relire.

A offrir. D’ailleurs, c’est ce que j’ai fait. J’ai offert Le Petit Prince à mon mari qui ne connaissait pas du tout le livre.

 

 

48 ans de dictature

10 août 2015

Le Portugal. Pays d’origine de ma famille maternelle. Cela évoque les couleurs du drapeau vert rouge et or, visible lors des Jeux Olympiques visionnés à la télévision.

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Mais le Portugal est aussi synonyme de misère, celle-là même qui a fait venir mon grand-père en France, et finalement sa femme et ses deux enfants. Celle-là qui parsème les récits d’enfance de ma grand-mère. Celle-là même qui lui a abimé les mains, et font partie de la mémoire de son corps. A moins que ce ne soit la dictature ?

Un peu d’histoire.

La monarchie portugaise est renversée en 1910 à l’issue d’un soulèvement militaire qui contraint le roi Manuel II à l’exil. Ce jeune roi de 19 ans, contraint à régner car son père et son frère aîné ont été assassinés en 1908, n’a pas été formé pour être roi, et bien qu’il ait bénéficié d’un élan de sympathie au début, l’instabilité politique entraîne la révolution du 5 octobre 1910.

Le 28 mai 1926, un coup d’Etat militaire met fin à la Première République portugaise et instaure une Deuxième République portugaise, sans le régime parlementaire : c’est donc une dictature nationale. Salazar, professeur d’économie, nommé président du Ministère par le président de la République, instaure en 1933 une nouvelle Constitution qui lui donne les pleins pouvoirs. La dictature de l’Estado Novo est née avec ses caractéristiques : fascisme, anti-communisme, police politique (la P.I.D.E ou police internationale de défense de l’Etat), torture, parti unique, censure.

Pendant près de 40 ans, Salazar reste à la tête du pays, mais il se retire en 1968 à la suite d’une hémorragie cérébrale. Il décèdera en 1970.

Le Portugal, qui tire ses richesses de ses colonies, s’enlise dans des conflits avec la Guinée, Sao Tomé et Principe, le Mozambique, l’Angola. La dictature va prendre fin à cause des sommes faramineuses déboursées par le gouvernement pour conserver cet empire coloniale.  Le MFA, le mouvement des forces armées, composés de militaires radicalisés à la suite de l’échec du Portugal dans la gestion de ses conflits avec les colonies, renverse le pouvoir politique de manière pacifique le 25 avril 1974. La population se joint à eux dans la rue et offre aux soldats des oeillets, cette fleur qui devient le symbole de la révolution.

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La démocratie est restaurée, la censure supprimée, les prisonniers du régime sont libérés et les colonies proclament leur indépendance. Les Açores et Madeira sont les deux seules colonies ayant voulues restées portugaises. Macao a été rendue à la Chine en 1999.

Pourtant, tout n’est pas tout rose pendant l’après révolution, car de fortes dissensions apparaissent dans les groupes politiques et leur vision du pays.

A noter  : 40 ans après la Révolution des Oeillets, il n’y a toujours pas de lieux de mémoires pour célébrer la résistance pendant la dictature de Salazar, ni même de soutien psychologiques ou financiers aux prisonniers qui ont été torturés. Pire, des fonctionnaires tortionnaires ont même été réintégrés dans le système de la fonction publique avec des dédommagements financiers rétroactifs correspondant à leur période de chômage. D’autres ont fuit, sans avoir été inquiétés par la justice portugaise. Dans les livres d’histoire, seuls quelques lignes parlent de la dictature qui à duré 48 ans. Un peu léger pour un pays qui cherche à effacer sa mémoire pour aller de l’avant.

La journée du 25 avril n’est pas la journée nationale portugaise (le 10 juin).

 

 

Chypre, une histoire compliquée

7 août 2015

Chypre.

Une île située en mer méditerranée, en dessous de la Turquie.

Une île historiquement très riche, marquée par ses influences hellénistiques, par l’occupation britannique et par les conflits politiques et religieux.

Après avoir obtenue son indépendance, en 1960 par les accords de Zurich de 1959, les institutions naissantes de la nouvelle république chypriote sont paralysées par les vétos successifs et réciproques que déposent les partis grecs et turcs dans le gouvernement. L’instabilité politique enchaîne sur des conflits sanglants, des saccages de mosquées, viols, destructions de villages nécessitant l’intervention des caques bleus en 1965.

Les tensions renaissent en 1974 à cause de l’intervention de la Grèce, alors sous la dictature des colonels, qui tente de rattacher Chypre à son territoire. De ce fait l’armée turque intervient et occupe une partie du territoire de Chypre pour protéger les populations turques et ses intérêts économiques. Le coup d’Etat grec est un échec mais l’armée turque refuse d’évacuer les lieux et proclame le territoire occupé République Turque de Chypre du Nord. Ce territoire n’est pas reconnu par la communauté internationale, mais seulement par la Turquie. Au sud, la république chypriote constituée de population grecque est, quant à elle, seulement reconnue par la communauté internationale (excepté la Turquie), c’est d’ailleurs elle qui fait partie de l’Europe.

La séparation de l’île est matérialisée symboliquement par une ligne verte, ou ligne Attila, et physiquement par des no man’s land. Aujourd’hui encore, malgré des tentatives de négociations, il n’est pas possible de traverser cette ligne verte du nord au sud et inversement.

Le règlement de cette crise de plus de 40 ans semble conditionnée par l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, et les négociations qui vont avec.

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« Sprinteurs de l’action, nous n’avons plus de souffle pour la course de la réflexion ». Jean-Louis Servan-Schreiber, L’Art du temps

6 août 2015

C’est avec cette réflexion que je débute ici mon écrit.

Il s’agit de travailler sur n’importe quel thème, à l’oral et à l’écrit, afin d’exercer le cerveau et la réflexion sur des sujets pas forcément exceptionnels… dans le but de rendre tout les sujets faciles d’accès, même le jour J.

Donc, après une préparation à l’oral, plus ou moins organisée, mais construite et avec les idées principales, voilà ce que m’inspire la réflexion de Jean-Louis Servan-Schreiber.

 

L’auteur met en parallèle l’activité sportive avec l’activité cérébrale. Plus exactement la course (le sprint et l’endurance) avec la réflexion et l’action. Je ne peux m’empêcher de penser à cette maxime « Réfléchir avant d’agir », qui est un vieil adage que nous ne respectons plus, du moins selon Servan-Schreiber. Son idée est simple, nous sommes habitués à agir, mais il nous manque la réflexion pour agir plus longtemps.

Ce propos nous montre que notre spontanéité peut être source de perte de temps et de performance, s’il manque la réflexion, la base même d’une action réfléchie. Ce n’est pas un hasard si le domaine de la course est pris en exemple, car les sprinteurs et les coureurs d’endurance cherche la performance avant tout : faire mieux qu’avant. En revanche, l’auteur ne va pas affirmer que telle ou telle discipline est mieux, mais il la compare à l’action de l’homme dans le temps. Souvent on répète les mêmes erreurs, sans apprendre du passé, alors qu’il s’agirait de réfléchir en deux temps avant d’entrer en action.

C’est cette partie primordiale associée au souffle, sans lequel aucun athlète ne peut prétendre à performer, qu’il faut développer chez l’humain : le temps de la réflexion qui peut à terme faire gagner du temps dans l’action.

 

 

SICAV

5 août 2015

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Voici mon tableau SICAV au 05/08/15

 

 

Présentation

5 août 2015

Bonjour et bienvenue sur ce blog sur lequel vous ne semblez pas être venu par hasard, car il exprime une thématique bien spécifique : le concours du gardien de la paix.

Ce concours auquel je me suis inscrite (et oui, je suis une femme) pour le passer sur Lyon le 15 septembre 2015. Le 15 septembre arrive dans moins d’un mois et demi… Comme une date fatidique.

Dans quelques jours je fête mes 31 ans, mes un an de mariage, je viens de récupérer un troisième toutou (sauvetage d’un élevage qui se ferme), et je viens d’avoir une mutation et une augmentation dans mon travail actuel… Pourquoi après tant de réussite et de bonnes choses, vouloir passer ce concours et tout recommencer dans des conditions bien différentes et bouleversantes ?

Parce que depuis le 7 janvier 2015, une flamme s’est attisée en moi. Pas celle de la vengeance, ni celle de la haine, mais plutôt une flamme douce et chaude, celle de la volonté de travailler pour mon pays. La volonté de faire quelque chose d’utile, de constructif, et non pas de vendre des croissants et des pains au chocolat toute la journée, en faisant des calculs et prenant des risques ridicules pour les prévisions de marchandises et se retrouver en fin de journée avec les poubelles qui débordent parce qu’on a trop prévu.

Alors pourquoi ne pas avoir fait du bénévolat dans une association si c’est ce type de volonté qui m’a poussé à valider mon inscription fin mai ? C’est l’envie de faire partie d’un corps de métier riche et avec des possibilités immenses, et surtout le besoin de redécouvrir ce qui me sautait aux yeux depuis près de huit ans dans mes rêves : je ne m’épanouirai que dans un système hiérarchiques dans lequel je me vois évoluer.

Pendant plus de 12 ans j’ai pratiqué un sport de combat, le Kung Fu, et j’y ai évolué jusqu’à la ceinture noire, au sein d’un regroupement de club. La hiérarchie et le respect m’ont bercé depuis l’âge de 10 ans… mais j’ai arrêté pour découvrir d’autres choses, et depuis que j’ai stoppé, je rêvais souvent de mes cours, que je reprenais… Depuis que je sais que je veux rentrer dans la police, je ne fais plus ce genre de rêves. Mon rêve est devenu conscient, et n’attend plus qu’à devenir réalité.